Actu-Environnement - L'actualité professionnelle du secteur de l'environnement
RSS
 
 

Bisphénol A : l'Afssa relève des ''signaux d'alerte''

HYGIENE / SECURITE / SANTE - Actu-Environnement.com - 08/02/2010
 
Dans un nouvel avis faisant suite à de nouvelles études, l'Afssa reconnaît l'existence ''des effets subtils'' du BPA chez des jeunes rats. Pourtant, selon elle, les conséquences sur la santé humaine ''ne sont pas clairement établies''. Détails.
 
Agrandir la police Réduire la police Imprimer l'article Recommander l'article : envoyer par email Réagir à l'article S'abonner à la Newsletter S'abonner au flux RSS
© Ramino

Alors qu'en 2008, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) avait conclu, tout comme l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), à l'absence de risque sanitaire du Bisphénol A (BPA), présent dans les plastiques alimentaires, notamment les biberons, elle reconnaît aujourd'hui l'existence de ''signaux d'alerte'', dans un nouvel avis publié le 5 février.

Ce composé chimique utilisé notamment dans les plastiques alimentaires (polycarbonate et polyépoxy) est soupçonné d'être un perturbateur endocrinien, pouvant entraîner des troubles hormonaux et favoriser le développement de maladies cardio-vasculaires et de cancers du sein ou de la prostate. Outre les biberons en polycarbonate, le Bisphenol A est également présent dans les canettes, boîtes de conserve, bouteilles réutilisables, ciments dentaires, ou les appareils ménagers comme les bouilloires.

Suite à la parution courant 2009 de nouveaux articles scientifiques démontrant les effets sur la santé du BPA, l'Afssa s’est autosaisie en octobre dernier sur ce sujet, à la demande de la secrétaire d'Etat à l'écologie et du Réseau Environnement Santé (RES).

Des risques après une exposition in utero et postnatale

Dans son nouvel avis d'expertise, l'Afssa a examiné les résultats d'une cinquantaine d'articles et rapports publiés ces deux dernières années. Elle relève les ''effets subtils'' du BPA sur de jeunes rats, ''observés en particulier sur le comportement après une exposition in utero et pendant les premiers mois de vie'' des mammifères. Des effets chez l'animal qui interviennent à des doses d'exposition inférieures à la dose journalière tolérable (DJT) fixée à 50 µg/kg/j par l'EFSA.

Des ''effets subtils'' qui incitent l'agence à poursuivre son travail d'expertise pour comprendre ces ''signaux d'alertes'' chez les rats. Mais l'Afssa reste prudente sur les risques sur la santé humaine mis en évidence dans les études récentes : elle conclut que la méthodologie de ces études ne permet pas ''d'interprétation formelle des données qui remettrait en cause les précédentes évaluations du risque sanitaire''. ''Les conséquences pour la santé humaine de ces signaux d’alerte ne sont pas clairement établies'' dans les études récentes, selon l'Agence.

Elle rappelle également que les études de toxicité menées selon les normes internationales ''n’ont jusqu’à ce jour pas objectivé de risque pour la santé aux doses auxquelles le consommateur est exposé. Quel que soit le mode d’alimentation, l’exposition des nourrissons est très inférieure à la DJT fondée sur ces études''.

Définition d’une méthodologie adaptée aux perturbateurs endocriniens

Dans ce contexte, l'Agence estime nécessaire de ''poursuivre son travail d'expertise'' afin de ''comprendre la signification en terme de santé humaine de ces signaux d'alerte''. Elle préconise pour la première fois ''de définir rapidement une méthodologie adaptée à la détection d'une toxicité potentielle, chez l'homme et à basse dose, du BPA mais aussi des produits de substitution et plus largement des perturbateurs endocriniens''. Elle recommande d'acquérir des données françaises sur la présence de BPA dans le lait maternel, chez le nourrisson et dans les laits maternisés et d'étudier d'autres sources d'exposition que les matériaux au contact des aliments (eau, poussières).

En attendant ces nouvelles recherches scientifiques, elle rappelle surtout aux consommateurs ''d’éviter de chauffer à très forte température l’aliment (eau, lait, soupes…), s’ils utilisent des biberons ou des récipients en polycarbonate''.

Vers une interdiction du Bisphenol A ?

Rappelons que le Bisphénol A a été interdit en octobre 2008 dans les biberons au Canada et par plusieurs Etats aux USA. Après que les six principaux fabricants américains aient décidé en mars dernier de le supprimer de leur production, l'agence américaine La Food and Drug Administration (FDA) vient de revenir sur son avis de 2008 déclarant le BPA sans danger. La FDA a en effet rendu le 15 janvier, un nouvel avis dans lequel elle fait état d'une ''préoccupation'' sur ''les effets potentiels sur le cerveau et sur la prostate des bébés et des foetus'', sur la base d’études plus récentes. La FDA prévoit notamment de revoir les concentrations autorisées en BPA, d’aider au développement de substances alternatives.

En France, plusieurs communes à l'instar de Toulouse, Nantes, Besançon ou encore Paris ont déjà procédé au retrait des biberons au BPA dans toutes les crèches de la ville ''par mesure de précaution''. Ainsi depuis le début du mois de janvier, ''l'intégralité des biberons utilisés dans les crèches et haltes-garderies'' de la capitale est en cours de remplacement par des biberons en verre ou en plastique certifiés sans BPA.

Suite à la parution de l'avis de l'Afssa, l’association européenne des producteurs de matières plastiques PlasticsEurope, et le syndicat professionnel des emballages plastiques et des emballages souples Elipso, espèrent que ''les efforts (de l'agence) pour la définition d’une méthodologie adaptée aux perturbateurs endocriniens et reconnue par tous permettront de faire cesser les rumeurs et donc de répondre aux interrogations des consommateurs'', ont-ils indiqué le 5 février dans un communiqué commun.

De son côté, le porte-parole du Réseau Environnement Santé (RES) André Cicolella, a regretté que ''l'Afssa veuille bien reconnaître un problème mais n'en tire pas les conséquences''. Estimant qu'''il est urgent d'agir'', sans attendre comme le propose l'Afssa ''les résultats d'autres études à venir'', le RES a réitéré sa demande auprès de la Ministre de la Santé Roselyne Bachelot, d'interdire le BPA dans les plastiques alimentaires.

''Il y a urgence, car le problème principal est la contamination du fœtus par sa mère et cette contamination est principalement d'origine alimentaire : boîtes de conserve, canettes de boisson, films alimentaires, récipients, bouteilles d'eau et matériel électroménager en polycarbonate.....'', a de nouveau alerté le RES.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments doit à son tour publier en mai un nouveau rapport sur le BPA.

Rachida Boughriet

© Tous droits réservés Actu-Environnement
Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur ou établissement d'un lien préformaté [9541] / utilisation du flux d'actualité.
 
Réactions à cet article
 
poussière ?
 
 
Vilains rats!
 
 
Agissons (1 réponse)
 
Ajoutez votre réaction
 Votre réaction 
Pseudo : 
Mémoriser mes paramètres
 
Email * : 
Je souhaite recevoir les réponses directement dans ma boite mail
 
Titre : 
Message : 
 
Smiley's :                  
* : Votre adresse e-mail ne sera pas affichée sur le site ni intégrée à des fichiers revendus. Nous la demandons afin de limiter les abus.
 
En participant au forum, vous vous engagez à respecter la charte de bonne conduite.
Tout propos insultant, réducteur, irrespectueux, ou contraire à la loi est interdit.
Les messages visant à assurer l'autopromotion ou la publicité d'une marque, d'un produit ou d'un service seront systématiquement supprimés, au même titre que les liens Internet.
 
Pour éviter les soumissions automatiques des robots, merci d'effectuer ce petit calcul : 3 3 =
En savoir plus…
Sur le même thème :

Polémique sur les molécules à risque : l'acide perfluorooctanoïque emboîte le pas au Bisphénol A - 01/10/2009

Bisphénol A : l'Afssa expertisera les nouvelles études scientifiques - 18/10/2009

L'impact des pollutions sur la femme enceinte et les enfants à l'étude - 15/10/2009

Proposition de loi visant à interdire le Bisphenol A - 04/08/2009

Les 6 plus grands fabricants américains décident de ne plus commercialiser de biberons au BPA - 10/03/2009



Aller plus loin...
Matières plastiques et environnement (2e éd.)

Produits / services sur le thème
Enregistrements de perturbations sur les réseaux
Fonctionnalité VEILLE ET CONFORMITE de la suite logicielle Tennaxia
Conteneur de stockage intérieur ou extérieur sur rétention pour vos fûts, cuves ou bidons par DENIOS
Enablon ACS - Solution logicielle de Suivi des audits de conformité et certification QHSE

Formation sur le thème
La réalisation d’une évaluation des risques sanitaires dans les études d’impact des Installations Classées
L’évaluation quantitative des risques sanitaires liés aux sites et aux sols pollués

Offre d'emploi sur le thème
Chargé de mission (sud-est) - ingénierie sanitaire h/f
Diagnostiqueur immobilier - Le Havre H/F
Formateur spécialisé milieu nucléaire - Orléans H/F
Toutes les annnonces "Risque sanitaire"